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Jeanne Bordeau : «Il faut sauver la conjugaison française»

INTERVIEW - Le passé simple, le plus-que-parfait, le conditionnel, chacun de ces temps et ces modes est menacé de disparition selon Jeanne Bordeau. La consultante en expression explique comment notre vision du temps qui passe a changé, pour enfanter une langue trop simplifiée et immédiate.
C'est un bruit qui court et qui monte sans faiblir depuis quelques mois. Le passé simple serait trop compliqué. Dans nos écoles, les programmes 2016 du cycle 3 (CM1, CM2 et 6e) prescrivent seulement l'enseignement du passé simple aux 3e personnes. En littérature jeunesse, les auteurs feraient d'ailleurs davantage le choix du passé composé.
«Le passé simple est moins usité, c'est vrai», explique Virginie Leproust des éditions Hachette. «C'est un temps daté moins accessible aux jeunes.» De là toutefois à le jeter aux oubliettes? Pas sûr. «Il est encore utilisé à bon escient dans les romans historiques», précise Mme. Leproust. «Cette disparition est un faux débat», ajoute Shaïne Cassim des éditions Casterman. «Il faut s'interroger sur le contenu du texte et les intentions de l'auteur. S'il refuse (ou non) de l'employer, c'est qu'il a une raison.»
Si le passé simple est aujourd'hui sur la sellette, il n'est, en tout cas, pas le seul temps en voie d'extinction selon Jeanne Bordeau. La consultante, fondatrice de l'Institut de la qualité d'expression, explique au Figaro pourquoi c'est toute la conjugaison de la langue française qui est aujourd'hui menacée.
LE FIGARO - Est-il vrai que le passé simple serait en voie d'extinction?
Jeanne Bordeau - Oui, je pense que le passé simple est malheureusement condamné à disparaître. Et ce, pour plusieurs raisons. Tout d'abord, parce qu'il indique un état qui est terminé. Il n'est pas un temps de communication et n'a pas de lien avec le présent. Ce qui est pourtant la caractéristique principale de notre époque. Nous vivons en effet selon moi dans un présent perpétuel, cela signifie que nous avons besoin d'un temps sans rupture avec le passé. C'est pour cela que l'usage l'a remplacé par le passé composé.
Je pense ensuite qu'il y a ici avec la disparition du passé simple une volonté paradoxale de simplifier la langue. Car, il y a aujourd'hui une difficulté d'expression et cela se constate même à l'indicatif! Quand on dit «nous finîmes» ou «nous aimâmes», il y a non seulement une difficulté d'ordre orthographique, avec l'accent circonflexe, mais aussi, peut-être, une peur de manier la langue et de tomber dans ses pièges.
Est-ce le seul temps menacé?
Non. Ce n'est pas tant le passé simple qui est menacé que la conjugaison d'état. Après dix années passées à analyser la langue, je peux vous assurer qu'il n'y a plus de conjugaison. Même le conditionnel est en train de disparaître! À plus forte raison parce que les gens ne cessent de le confondre avec le futur. On voit très souvent écrit des «j'aimerai», par exemple, sans «s» au lieu de «j'aimerais». Et je ne parle pas du plus-que-parfait qui a pour sa part déjà disparu. Cherchez-le chez les auteurs d'après guerre. Vous verrez que ce temps est très difficile à trouver dès les années 1950-1960. Son emploi est devenu trop compliqué.
Nous sommes actuellement dans une langue saccadée et immédiate. Et cela se constate très bien avec l'usage quasi abusif de l'impératif et de l'indicatif dans notre quotidien. Ce, à l'écrit comme à l'oral. C'est regrettable. Il faut à mon sens se rappeler les mots très justes de M. Bentolila qui disait: «La grammaire construit du sens». Si nous abandonnons les temporalités, nous nions dans le même temps les nuances de la langue.
Prenez La Peste de Camus. On y lit: «Rieux se retourna brusquement vers lui et ouvrit la bouche pour parler, mais il se tut.» Vous sentez rapidement avec ce court extrait qu'il y a non seulement une narration, mais aussi l'expression d'une action dans une autre époque. Sans temps, il ne peut plus y avoir de mise en récit, c'est-à-dire de composition: de lieux, d'époque et de ressentis.
Faut-il y voir une conséquence directe de notre utilisation d'Internet?
Il est vrai que ce n'est pas la conjugaison qui le caractérise. Il faut être incitatif, synthétique, direct. La communication est en temps réel. Et quand vous vous trouvez dans une immédiateté, vous n'avez plus de lien avec la chronologie. Le passé simple n'est donc absolument pas le temps d'Internet. De là à dire qu'Internet a tué le français? Non. Il a pu nous amener à cette disparition, mais il ne l'a pas, à mon sens, créé.
Les outils numériques ont changé notre vision du temps. Je repense à la rencontre entre Félix de Vandenesse et Madame de Mortsauf dans le Lys dans la Vallée. Vous avez une progression des descriptions, une analyse des sentiments et des lieux. Donc une profondeur. Tout cela a quelque peu été tué par la vidéo et l'image, qui concentrent plusieurs dimensions en une.
Celle des professeurs?
Non. Il faut arrêter de penser que nos enseignants et professeurs sont responsables de tout. Le passé simple se perd d'abord dans les familles avant de se perdre à l'école. La mère comme le père peuvent très bien conter des histoires à leurs enfants.
Que faire alors pour sauver notre conjugaison?
Il faut faire aimer la langue. Créer des cours de théâtre et remettre des poètes dans nos écoles. On a trop tendance à oublier que la langue est non seulement un chant mais physique. Aristote disait, une langue c'est de l'ethos, du logos et du pathos. Il y a une dimension sensible dans nos discours.
Nous avons de nos jours trop de techniciens qui commentent et décortiquent la langue. Il faut réinjecter du ressenti, de la chair. C'est pour cela que ce n'est pas tant la responsabilité de nos professeurs qui est en jeu, que celle d'une société.
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http://www.lefigaro.fr/langue-francaise/actu-des-mots/2018/01/16/37002-20180116ARTFIG00002-jeanne-bordeau-il-faut-sauver-la-conjugaison-francaise.php

Parlez-vous la France de nos régions ?

QUIZ - «Bouiner», «schlouck», «gauger»... Les idiomatismes colorent l'Hexagone. Mais connaissez-vous leur origine et leur signification ? Le Figarovous propose grâce au livre Atlas du français de nos régions de Mathieu Avanzi, de faire le test.
Ils font la couleur et le parfum de nos régions. De la Normandie aux Alpes-Maritimes en passant par l'Alsace ou la Bretagne, les particularismes constellent notre Hexagone. «Ils font partie de l'identité des francophones, de leur culture, de leur patrimoine», explique Mathieu Avanzi dans Atlas du français de nos régions (Armand Colin), un ouvrage cartographiant les multiples usages qui composent la France, la Wallonie et la Suisse romande.
Il nous plaît ainsi une fois sur la route, de nous abreuver de l'accent chantant du Sud ou des airs marins de l'Atlantique. De prononcer les mots «dracher» en temps de pluie, «monter sur son âne» lorsque nous sommes irrités dans le Jura ou encore «aller schloff» quand nous partons nous coucher Lorraine. Charmants, enivrants et bien souvent étonnants, les idiomatismes sont légion en France. Et qu'importent leurs détracteurs! «Il n'y a pas de variante qui est correcte, mais plusieurs» rappelle Mathieu Avanzi. «Ce sont les locuteurs qui définissent la norme, et non l'inverse.»
Saurez-vous restituer leur origine et leur signification à ces verbes et expressions? Le Figaro vous propose de faire le test:
http://www.lefigaro.fr/langue-francaise/quiz-francais/2017/11/04/37004-20171104ARTFIG00005-parlez-vous-la-france-de-nos-regions.php

Les langues parlées en France disent l’Histoire de France

Les langues parlées en France disent l’Histoire de France

Leurs frontières ne sont pas seulement linguistiques mais aussi architecturales, gastronomiques, politiques, religieuses ou encore sportives. Autrefois structurantes et séparatrices, elles sont souvent devenues académiques et patrimoniales.
D’un bout à l’autre du territoire national, les territoires régionaux restent marqués, en profondeur, par leur signature linguistique.

Map:

http://lacroix-carto.cartodb.com/viz/10f319a6-cd8d-11e4-b76f-0e0c41326911/embed_map

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http://www.france-pittoresque.com/spip.php?article12507

Tradurre “Il piccolo principe” oggi

L'8 gennaio esce nei Grandi Libri Garzanti una nuova edizione del grande classico (i diritti scadono a giorni). Su IlLibraio.it la parola al traduttore, Massimo Birattari, nome di primo piano nel mondo della letteratura per ragazzi



Il piccolo principe non è un libro difficile da tradurre. È rivolto ai bambini, non alle grandes personnes, come mette in chiaro fin dalle prime righe Saint-Exupéry, e non contiene nessun «gioco di parole intraducibile» che bisogna rassegnarsi a spiegare in nota. La scrittura semplice e diretta e l’ovvia esigenza di fedeltà a un classico contemporaneo hanno dunque ridotto il ventaglio delle scelte. Alcune scelte, però, vanno fatte, se il traduttore vuole restare fedele alla lettera e allo spirito dell’originale.
Un esempio banale, a proposito di grandes personnes: come tradurre, «gli adulti» o «i grandi»? Molto meglio «i grandi», naturalmente. Ma la prima occorrenza, nella dedica a Léon Werth, è al singolare: «Chiedo scusa ai bambini per aver dedicato questo libro a une grande personne». Il singolare «un grande» qui sarebbe ambiguo, «persona grande» non suona idiomatico: dunque meglio «un adulto». Di qui la necessità di mantenere «adulti» nella dedica e all’inizio del testo, per poi passare, appena possibile, a «i grandi».
In generale, il principio della fedeltà mi ha spinto a rispettare i tempi verbali voluti dall’autore, anche nell’alternanza di passato prossimo e passato remoto a poche righe di distanza, per indicare azioni che appartengono allo stesso arco temporale. Uguale fedeltà all’uso del tu o del lei (per tradurre il francese vous) nei dialoghi tra il protagonista e i vari personaggi, con un’importante eccezione. Per tutto il capitolo VIII, il piccolo principe e la rosa appena sbocciata si danno del vous, e passano al tu solo nel IX, al momento dei saluti. Siccome in francese il vous ha e soprattutto aveva un uso molto più ampio del lei italiano, ho pensato che valesse la pena partire subito con il tu (volevo che entrambi usassero lo stesso pronome, e la rosa non avrebbe mai potuto dar del lei a un bambino).
E proprio sulla rosa c’è lo scarto più significativo tra la mia traduzione e l’originale francese. Sull’originale, la rosa amata dal piccolo principe è semplicemente «il fiore», e viene chiamata «rosa» a partire dal capitolo XX (quello in cui il protagonista, ormai sulla Terra, entra in un giardino con cinquemila rose, e si rende conto di non essere «ricco di un fiore unico», ma di possedere «solo una rosa ordinaria»). Per fedeltà alla lettera dell’originale, la traduzione presente da sessantacinque anni sul mercato italiano ha reso fleur con «fiore». In francese, però, la fleur è femminile; così come, al contrario, la parola «volpe» è maschile (le renard). E se, per quanto riguarda la volpe, la cosa non ha conseguenze significative sul testo (non è un problema che il piccolo principe abbia una volpe per amico), con il fiore la questione è diversa. Qui la grammatica genera un conflitto tra la lettera e lo spirito. Quel fiore ha indubbie connotazioni femminili (infatti le traduzioni inglesi usano il pronome she, non il neutro it): è très coquette, si scusa(nonostante la meticolosa toilette) per essere «tutta spettinata» («Mi sono appena svegliata…»). D’altra parte, in francese il sostantivo è femminile. Ma in italiano non esistono sinonimi femminili di «fiore» («infiorescenza» è impraticabile…). Per questo, visto che quel fiore è una rosa(su questo non c’è il minimo dubbio), anticipare il termine proprio, «rosa», mi è sembrata la soluzione migliore, o il male minore.
Per finire, segnalo un problema di «correttezza politica». Il capitolo XVI comincia ricordando che la Terra «conta centoundici re (senza dimenticare, naturalmente, les rois nègres)»: cioè, nella traduzione standard, i «re negri». Per fedeltà all’originale avrei dovuto usare anch’io la parola «negro»? Non è certo questa la sede (e non ho nessuna particolare qualifica) per discutere il senso e gli eccessi del politically correct, un concetto che ha condotto, soprattutto negli Stati Uniti, a proposte di bando dalle biblioteche pubbliche di alcune opere di Shakespeare o a edizioni espurgate delle Avventure di Huckleberry Finn, in cui la parola nigger è stata sostituita da slave. Però oggi, in Italia, i ragazzi (soprattutto i ragazzi) percepiscono la parola «negro» come un insulto, mentre negli anni Trenta e Quaranta nègre, in francese (così come «negro» in italiano), di sicuro non aveva connotazioni negative, come dimostra l’idea stessa di Négritude, la negritudine teorizzata da scrittorie intellettuali come Aimé Césaire e Léopold Sédar Senghor. Poiché la traduzione è per definizione adattamento, anche a un nuovo contesto, ho deciso di tradurre les rois nègres con «i re dell’Africa nera». Non mi pare un intervento censorio (censura sarebbe stata cancellare la parentesi, che contiene una punta di razzismo «d’epoca», verosimilmente inconsapevole); ho solo evitato di aggiungere una connotazione ulteriore, che certo non esisteva ai tempi dell’originale.
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http://www.illibraio.it/tradurre-il-piccolo-principe-oggi-159220/

Vous pouvez le dire en français!


Vous êtes intéressé par les nouvelles technologies? Utilisez les équivalents français à "open data" et "big data" : les termes "données ouvertes" / "ouverture de données" pour open data et "mégadonnées" pour big data viennent d'être publiés dans Le Journal officiel de la République française.
Pour découvrir l’ensemble des termes publiés au JO, consultez le siteFranceTerme : www.culture.fr/franceterme ... ou téléchargez son application mobile (http://bit.ly/1ft2vA8)


Le top 10 des fautes de français

L'orthographe est un réel critère de sélection pour une formation ou un emploi.


L'orthographe est un réel critère de sélection pour une formation ou un emploi : pour vous aider à faire attention à votre orthographe, voici le top 10 des fautes les plus courantes... Orthographe, grammaire... une expérience unique menée à l'IUT de Lyon a permis d'établir un palmarès des fautes de français les plus fréquentes commises par environ un millier d'étudiants en 1re année. 

Voici le top 10 de leurs lacunes. 

1. S'avérer. On ne dit pas que quelque chose s'est avéré vrai (c'est un pléonasme). Mais « cela s'est avéré » ou « cela s'est révélé vrai ». 

2. "Après que" ou "Avant que". Les temps de l'indicatif (passé) doivent suivre ces expressions (Correct : « après qu'il a dîné ») et non le temps du subjonctif (Incorrect « après qu'il ait dîné »). 

3. Par contre. Pas incorrecte, cette locution est cependant souvent mal employée. Il faut lui préférer « en revanche ». 

4. De façon à ce que. Non : on écrit « de façon que » ! 

5. A l'attention de. Ne pas confondre cette expression, utilisée pour un courrier, avec « à l'intention de » (qu'on emploie si par exemple on prépare un gâteau). 

6. Participe présent ou adjectif ? « Un homme convainquant son public » (participe présent), mais « il donne un argument convaincant » (adjectif). 

7. Second ou deuxième ? On ne termine jamais second du Tour de France? sauf s'ils n'étaient que deux à l'arrivée. En revanche, c'était bien la Seconde Guerre mondiale (il n'y en a pas eu de troisième). 

8. Ceci ou cela ? « Ceci » désigne la chose la plus proche, « cela » la plus lointaine. 

9. Cent et mille. Mille est invariable, mais pas cent. On écrit donc « deux cents », mais il n'y aura pas de pluriel si c'est « deux cent cinquante ». 

10. Adjectif ou adverbe ? « Il escalade les plus hauts sommets possible» (sans accord, car il s'agit là d'un adverbe). 

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http://etudiant.aujourdhui.fr/etudiant/info/le-top-10-des-fautes-d-orthographe.html